Gérard de Sède – L’architecture naturelle

Gérard de Sède – L’architecture naturelle

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(Source : Extrait de Vues hérétiques sur l’héraldique, Le blason, son écriture, son symbolisme et sa phonétique, ed. Dervy, 2003 – c’est moi qui souligne)

« L’art tend son miroir à la nature, a écrit Oscar Wilde. L’aphorisme ne manque pas de profondeur.
En effet, il arrive parfois que l’imaginaire semble copier le réel et que ce soit le premier qui symbolise le second, et non l’inverse. C’est un phénomène des plus curieux.
Le génie de la formule lapidaire en moins, Edouard Monod-Herzen développe la même idée dans ses remarquables Principes de Morphologie générale. « Les formes sont objet d’examen particulier pour les savants et pour les artistes, fait-il observer, mais on n’aperçoit pas très bien, au premier moment, l’harmonie des résultats obtenus par les uns et par les autres. Dans cette diversité on a cru voir une opposition : c’est une erreur essentielle. Il y a, au contraire, une recherche féconde à poursuivre, touchant les deux domaines et qui, bien loin d’être exclusive en quoi que ce soit, les unissent, montre leurs liens profonds et les conséquences qu’on en peut tirer. »
Un chercheur de la première grandeur, sir Jagadis Chunder Bose, citoyen de l’Union indienne, a démontré que la forme est une propriété de la matière. Dans un ouvrage magistral, Réaction de la matière vivante et non vivante il a établi que tous les éléments de réactions qui se trouvent dans les tissus de métaux se retrouvent dans les tissus végétaux et dans les tissus animaux, isolés ou non. Dans les mêmes conditions, les réactions d’un nerf, d’un muscle, d’un métal enregistrés au moyen d’instruments appropriés, se traduisent par un même diagramme. Et Bose en conclut qu’une continuité morphologique relie l’inorganique à l’organique, l’inanimé à la matière vivante et qu’on la retrouve aussi bien dans les cristaux que dans les gels colloïdaux. Avec lui, on est en présence d’une véritable révolution scientifique.

Allons droit au fait le plus surprenant : les mouvements de propagation des gaz dans un milieu liquide reproduisent exactement les principales partitions héraldiques : l’écartelé, l’écartelé en sautoir, le parti de un coupé de deux, le gironné et l’ondé.

Mouvements de propagation des gaz en milieu liquide (Dupiney de Vorepierre, Encyclopédie Universelle, Paris, Calmann-Lévy, 1875)

Voilà qui confirme la justesse de l’aphorisme signé par Oscar Wilde !

On n’a pas assez remarqué que tout écu inscriptible dans un carré long et coupé de trois (chef, coeur et pointe) comporte la proportion a+B/a = a/b, c’est-à-dire le Nombre d’Or cher aux Pythagoriciens.

Plus connue grâce au célèbre dessin de Léonard de Vinci (repris aujourd’hui par une publicité à succès) est l’image de l’homme, bras et jambes écartés et la tête bien droite, inscrit dans une étoile à cinq branches, elle-même inscrite dans un pentagone.

Mais le rapport entre l’art et la science – c’est-à-dire entre la forme et la matière – n’est pas unilatéral. C’est, comme l’ont montré Bose et Monod-Herzen, une relation dialectique. Car trois cas peuvent se présenter :

1) Celui où l’art tend nettement son miroir à la nature (mouvements de propagation des gaz) ;
2) Celui où, à l’inverse, la nature tend son miroir à l’art qui l’imite (toute l’esthétique naturaliste) ;
3) Celui où un art s’inspire d’un autre.

C’est ce dernier cas qui nous intéresse tout particulièrement.
Le grand poète autrichien Rainer Maria Rilke (1875-1926) a écrit qu’il pensait la musique en termes d’architecture et l’architecture en termes musicaux (cf. Chant éloigné). Il se montrait ainsi fidèle au Baudelaire de Correspondances :

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles :
L’Homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vastes comme la nuit et comme la clarté
Les couleurs, les parfums et les sons se répondent.

C’est pourquoi nombre de partitions extraordinaires de l’écu s’inspirent directement de motifs architecturaux. C’est le cas de l’ondé, du nébulé, du crénelé, etc.

Les partitions extraordinaires

L’ondé, le denché, le crénelé, la palissade, le fleurdelisé, et contrefleurdelisé, etc., peuvent être considérés comme des partitions extraordinaires. Mais il y en a aussi d’autres, comme celles-ci :

L’architecture naturelle a fait l’objet d’un remarquable ouvrage édité par le Dr Alexandre Rouhier et à propos duquel on a pu écrire : « Ce monument éclaire d’un jour nouveau les arcanes antiques et sacrés. » Jules Boucher fait observer : « C’est un carré long qui constitue la Règle d’or utilisée par le maître d’oeuvre Petrus Talemanius. »

Bien entendu, l’architecture naturelle est très loin d’épuiser à elle seule le symbolisme héraldique. Celui des couleurs et des figures y tient le premier rang et ce n’est nullement par hasard que l’on appelait jadis blason leur célébration (blason des pierres précieuses, des fruits, des fleurs, du corps féminin, etc.)
Par exemple, le pectoral des prêtres juifs comportait douze rangs de pierres précieuses correspondant à la fois aux douze tribus d’Israël et aux douze dignes du zodiaque. Cornaline : Ruben; topaze : Siméon; émeraude : Lévi; Jaspe : Juda ; Saphir : Dan; Chalcédoine : Nephtali ; Hyacinthe : Gad ; Chrysopase : Taser ; Améthyste : Yssachar : Chrysoilthe : Zabulon : Sardoine : Joseph ; Beryl : Benjamin (Exode, 39, versets 8 à 19). De là, on peut induire non seulement l’appartenance de chaque tribu à l’un des signes zodiacaux mais encore la correspondance entre les quatre signes du zodiaque désignant les points cardinaux et les quatre éléments (feu, air, terre, ciel) et les quatre saisons. Il existe dans les « blasons » un lien indissoluble entre la symbolique de la quadrature, du duodénaire et du septénaire (nombre des planètes connues à l’époque). Du reste, toutes les civilisations anciennes se caractérisent, sur le plan qu’on étudie ici, par la triple union des cycles, des sons et des couleurs, par les rapports que ces trois notions entretiennent en harmonie ou en désaccord avec l’ordre sidéral et le cosmos.

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Mickael Fauque Guérisseur magnétiseur énergéticien, sourcier, géobiologue diplômé de la fédération francçaise de géobiologie et de l'école de géobiologie "l'atelier feng shui"
Mickael Fauque Guérisseur magnétiseur énergéticien, sourcier, géobiologue diplômé de la fédération francçaise de géobiologie et de l'école de géobiologie "l'atelier feng shui"

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