Les derniers secrets du sphinx

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secret-sphinx08par Antoine Gigal

1ère partie

Bien des personnes pensent tout savoir sur le sphinx du plateau de Giza et l’on ne peut imaginer les trois pyramides voisines de Chéops, Chéphren et Mykhérinos sans le sphinx tellement celui-ci est devenu indispensable à l’harmonie visuelle du plateau.

Ceci n’est pas étonnant car le sphinx est placé exactement où il faut dans une conception basée sur des principes géométriques de la section d’or.

Le nombre d’or est en relation avec une série de nombres: la suite de Fibonacci (0,1,1,2,3,5,8,13,21,34,55,89,…) et l’archéologue égyptien et Professeur Emeritus: Alexander Badawy (1913-1986) à prouvé dans son étude de plus de 50 temples au bord du Nil que les anciens égyptiens avaient bien utilisé cette série de nombres à dessein démontrant une fois de plus leur grande connaissances et sophistication en matière architecturale. Or je vais vous démontrer dans cet article que le sphinx recèle bien des secrets encore méconnus pour la plupart et que notre vision actuelle est bien déformée par rapport à son aspect originel.

L’inscription méconnue de la patte gauche du sphinx

En 1817 Gianbattista Caviglia**(1770-1845) nettoie le devant du sphinx, chose qui n’avait pas été faite depuis la chute de l’Empire Romain. Il trouva en premier lieu un morceau de la barbe tombée du sphinx (aujourd’hui au British Museum !). Puis en désensablant un orteil de la patte gauche du sphinx, il trouve une inscription: un texte de 13 lignes en Grec, gravé bien visiblement avec une mention comme quoi il s’agit d’un texte officiel datant de 166 Après JC sous le règne de Marc-Aurèle pour commémorer la restauration des murs entourant le sphinx par les romains. Ce texte est passionnant et vous n’aurez pourtant aucune chance de l’aperçevoir aujourd’hui sur le sphinx tellement les restaurations successives et surtout les dernières, ont recouvert de couches incroyablement épaisses et souvent défigurantes les contours de notre sphinx comme sous les bandelettes étouffantes d’une momification.

Ecrite en Grec donc, et en lettres capitales, il n’y a que je sache que trois traductions existantes en anglais et une en latin de ce texte. Une à partir de la copie faite par Henry Salt (1780-1827) consul général britannique au Caire en 1815, grand collectionneur d’Antiquités égyptiennes qui avait payé Caviglia en 1817 pour explorer le sphinx et qui fit publier sa retranscription dans la: « Quarterly Review » Vol 19) en 1818 traduite par le Dr Yong en anglais et latin lequel s’employa même à remplacer certains mots effacés à jamais, une autre du très grand archéologue égyptien Selim Hassan*(1893-1961) le premier égyptien à occuper une chaire d’égyptologie, et enfin :une par le Révérend Coleridge d’Eton publiée dans: « Opérations menées à la pyramide de Giza par le colonel Vyse » en 1842. Je vais vous livrer ici ma propre traduction de cette inscription: j’ai essayé d’être la plus fidèle possible à la grammaire du Grec ancien et de ne pas inventer les mots manquants:

« Cette structure est l’œuvre des Dieux immortels.

Placée de façon à dominer le sol de cette Terre de récolte,
Erigée au centre d’une cavitée dont ils ont retiré le sable,
Comme une île de pierres au voisinage des pyramides,
Pour que nous puissions le voir,
Non pas comme le sphinx tué par Œdipe,
Mais comme un servant sacré de Leto,
Qui garde avec vigilance,
Le Guide Sacré de la Terre d’Egypte.»

La référence à Leto*** ici se comprend car à l’époque où les pharaons Ptolémés d’origine Grecque régnaient sur l’Egypte, Giza se trouvait dans un district administratif appellé : « Letopolitain ».

Le texte est signé Arrianos, sans doute l’historien et philosophe romain d’origine Grec qui écrivit la vie d’Alexandre le Grand (« Anabase d’Alexandre »).

Donc outre la référence aux Dieux Immortels comme créateurs de ce sphinx qui est intéressante, nous y reviendrons, nous voyons bien par ce texte lui-même que le sphinx était considéré comme une île.

Ceci est tout nouveau pour certains d’entre-vous.


Leto

Un lion qui était un chien et l’île du sphinx

Or le savant Robert Temple et sa femme Olivia viennent de publier un livre de 565 pages en anglais intitulé: « The sphinx Mystery, the forgotten origins of the sanctuary of Anubis »(« Le Mystère du sphinx, les origines oubliées du sanctuaire d’Anubis ») fort bien documenté avec bien des éléments exhumés de l’oubli ou de multiples collections dispersées innaccessibles au public, dans lequel il nous dit: « Les douves du sphinx dans l’Ancien Empire étaient connues dans les Textes des Pyramides comme le lac du chacal, le canal du Dieu, le canal d’Anubis, le Lac de Vie… »

Or on trouve beaucoup de références à cela dans toute la littérature égyptienne Antique : par exemple sur les autels dans la tombe de Tutankhamon à propos de Rostau (Giza) on dit que sa topographie est celle d’une citée d’eau et on parle de: « La maison du lac » à propos de l’île du sphinx. Même Auguste Mariette qui creusa autour du sphinx en 1858 admet que l’enclos du sphinx avait dû contenir de l’eau du Nil dans l’Antiquité (voir références).

Dans les Textes des Sarcophages on nous parle du bassin lustral, du lac du chacal. Pourquoi? Tout simplement parce que l’universitaire Temple avance l’assertion que le sphinx à l’origine aurait été fait à l’image d’Anubis (« chacal » est une mauvaise dénomination des traducteurs car il n’y a jamais eu de chacals en Basse Egypte mais bien plutôt des chiens sauvages) le gardien du site par excellence et il le prouve avec force analyses, photos et recherches.

Le sphinx serait devenu léonin vers la IV ème dynastie où les lions étaient fort à la mode dans toutes les représentations, puis au Moyen Empire Amenemhat II lui aurait apposé son visage (et non pas Chéops). Mais je ne vais pas entrer trop dans les détails de l’œuvre de Temple ici, seulement en évoquer quelques points et d’autres d’ailleurs. Le fait qu’à l’origine le sphinx ait pu être la représentation d’Anubis est quelque chose que j’annonce depuis des années devant le sphinx lui-même aux personnes qui m’accompagnent dans mes voyages en montrant: « in situ » l’inclinaison du dos, la queue, les traces d’érosion par l’eau dans les douves.

Il faut comprendre que depuis l’Antiquité le sphinx à subi de multiples restaurations qui surtout pendant les dernières consistaient en rajouts d’épaisses couches de briques de pierres aussi laides qu’inutiles ne faisant que rendre « pataudes » les lignes du sphinx qui sont en dessous d’une grande finesse. C’est très visible aujourd’hui pour les pattes qui ressemblent maintenant à d’immenses barres de carton-pâte. Nous avons des clichés du début du 19ème siècle et beaucoup de photos ensuite nous permettant après une analyse minutieuse de voir déjà de grosses différences pendant les restaurations « modernes » et les désensablements successifs. Dans le Texte des « Sarcophages » non seulement on parle du lac du « chacal » (Anubis) mais on dit: « Son nom est face de chien, sa taille est grande » (versets 1165-1185), deux fois dans le Texte des « Pyramides » on cite Anubis comme celui de « la Hauteur de l’Ouest » ( la seule hauteur centrale en Basse Egypte c’est le plateau de Giza ) et le lac du « chacal » est aussi cité dans le livre « des Cavernes ».



Sphinx Khufu-KhafAnubis Sphinx

Le remarquable chercheur Terence Du Quesne à dénombré beaucoup de références à Anubis: « Seigneur de Rostau (Giza) » dans des inscriptions et sur des murs, il a listé notamment dix sources publiées de ce titre précis à ce jour. Ce n’est qu’après la cinquième dynastie que le titre: « Seigneur de Rostau »est donné à Osiris.

Rappelons qu’Anubis en égyptien c’est: « Inpou », « celui qui a la forme du chien », il est aussi dénommé: « L’Ouvreur de chemin » et guide les âmes et il est représenté aussi sous le nom d’ « Upuaout, ouvreur de chemin », à Abydos dans le sud. Il est aussi: « Seigneur du Pays de l’aurore »et comme l’écrit l’excellent René Lachaud: « (…)Il fait surgir la lumière anubienne de l’initiation qui correspond à ce moment ambigu, «entre chien et loup» où jour et nuit s’interpénètrent ». Et dans : « Le Livre de la sortie au jour »(qui est le véritable titre du Livre dit « des morts »): Oh ! Anubis qui est sur ses secrets. Seigneur des secrets de l’Occident. Seigneur de ce qui est caché. »

Eh oui qu’Anubis est présidé sur le plateau de Giza n’est guère étonnant car à Giza/Rostau nous sommes au carrefour des plus grands mystères. Vous allez vite comprendre pourquoi.

On ne vous parle jamais du « Livre de la Construction » qui se trouve gravé dans l’enclos du temple d’Horus le faucon à Edfu dans le sud de l’Egypte. Or quand vous lisez sur place celui-ci, il y a dedans des références à d’autres textes perdus comme : « Les Livres Sacré des Temples » qui rassemblent une description de l’histoire des lieux de pèlerinage le long du Nil.

Et que dit ce texte?

IL dit que ces lieux furent établis par un groupe « d’entités créatrices » les « Shebtiw » associés à Thot.

Il est dit que ceux-ci que l’on appelle aussi les « Ainés », les « Faucons », se sont installés dans un premier endroit sur Terre et que ce premier endroit est…Rostau ! C’est à dire Giza !

Toujours selon ce texte, les livres sacrés et objets de pouvoir furent scellés dans une place secrète sous terre par les « Shebtiw » et ils construisirent au dessus une immense enceinte et des pilliers pour le protéger.

Ce lieu s’appelle: Bw-Hmr, la place du trône de l’âme.

Note de Miléna: Ce nom Bw-Hmr, me fait aussitôt penser à Bou ‘Hamor ou Bo ‘Hamor, et je pressens que sa signification véritable est « père de l’âne », l’âne étant le Noùs ou Tzelem ; ou également « l’âne à-venir »…. Ce qui revient à dire que la communication des Hathor représentant le Sphinx avec la tête de Medusa dont les cheveux auraient été tressés en 12 pointes, correspond exactement à cette définition. L’âne représente le Noùs, appelé tzelem en hébreu. Cette configuration octogonale dont parles les Hathor et qui est en fait la Ressemblance d’Adam, l’univers miroir où résident les puissances qui est Médusa, lorsqu’il n’est pas encore maîtrisé par l’homme adamique. Les tresses sont le travail que nous faisons sur les 3 éléments : l’eau, le feu et l’air afin d’ancrer notre pouvoir co-créateur sur la terre. C’est le grand secret des tresses du pain de shabbat. Le travail de ligature du Féminin Sacré dont on dit qu’il fut l’apanage de l’Ordre des Madeleines…

D’autre part toujours dans ce texte il nous est suggéré que le monde souterrain de Giza est un modèle  microcosmique du passage du temps et du processus de la première création dans notre univers physique…

Vous comprenez mieux maintenant sur quoi le sphinx veille , ce n’est pas rien !

Les anciens Egyptiens nommaient aussi Giza/Rostau dans leurs descriptions: La Splendide Place du Premier Temps » et : « La Place secrète » et il est vrai que tout le plateau de Giza que je parcours depuis 20 ans mètre par mètre est bien truffé de milliers d’entrées souterraines, de cheminées d’aération, de puits sans fond. Tout cela prouve la présence d’un réseau souterrain impressionnant dont j’aurai l’occasion dans d’autres articles de vous parler davantage.

On voit ici le pataud des pattes trops restaurées (Photo Gigal)

En tout cas c’est seulement au Moyen Empire (époque où depuis un long moment déjà le sphinx n’avait plus sa tête d’Anubis selon Temple) qu’apparaît pour la première fois dans les hiéroglyphes le nom: « Sphinx »: « Sheshep » qui se traduit littéralement par « image » ou « statue ».

Le nom entier du Sphinx alors est: « Sheshep-Ankh »: la « statue vivante ».

Ce sphinx est un symbole vivant représentant bien des choses de l’invisible terrestre et céleste. Dans la langue copte, la plus ancienne langue de l’Egypte parlé encore actuellement, le sphinx se dit: « bel-hit »: « le Gardien ». Et juste après l’an mille on nomme le sphinx: « Twtw »: « Je suis image » que les Grecs retranscrivent en Tithoes et l’assimilent à Cronos le Dieu du temps.

Et ce qui est intéressant aussi c’est que citant Manéthon, Pline prècise que Tithoes faisait partie des rois mytiques des toutes premières dynasties ou plutôt comme on dit maintenant de la fameuse dynastie zéro (car on a fait démarrer la première dynastie à Ménes (2920-2770 Avant J.C.) et cependant dans plusieurs documents sont cités des pharaons précédents mais leurs qualifications de dieux ou demie-dieux est dérangeante pour le conscensus universitaire) pourtant bien inscrite dans le papyrus de Turin (Le canon de Turin) et l’auteur latin précise bien que Tithoes succéda au dieu Amon et qu’il serait le tout premier constructeur du labyrinthe de Fayoum (à 120 km au sud du Caire au bord du lac Fayoum), le plus ancien labyrinthe de toute l’Antiquité que les gens venaient visiter alors du monde entier. Et qui est en ruines aujourd’hui au pied de la pyramide d’Hawara site que je fait visiter régulièrement…

Un sphinx bien plus ancien qu’on ne le pense

En 1858 notre extraordinaire Auguste Mariette est chargé par le duc de Luynes de vérifier les propos de Pline l’Ancien selon lesquels le Sphinx serait construit et non monolithique. Il ouvre un chantier non loin de la pyramide attribuée à Chéops ( régna de 2551-2528 av.J.C. 4ème dynastie)t dans un sanctuaire d’Isis tout proche il trouva la stèle dite de «  l’Inventaire »dans laquelle on raconte ni plus ni moins que le sphinx et la grande pyramide existaient bien avant le règne des dirigeants de la 4ème dynastie donc bien avant 2575 av J.C..

Le texte précise que: « Durant le… règne de Chéops celui-ci ordonna la construction d’un monument le long du sphinx ». En toute logique cela implique que le sphinx était déjà là avant Or s’il était déjà là du temps de Chéops, cela signifie que contrairement à ce que le « mainstream » affirme, à fortiori il n’a pas pu être construit sur ordre de Chéphren son successeur sur le trône !

Il faut dire que la théorie disant que le sphinx a été construit par Chéphren juste parce que la chaussée sur son côté sud mène aux pieds de la pyramide de Chéphren a été lancée sans aucune preuve ni connaissance par Caviglia qui n’était encore qu’un capitaine au long cours payé pour faire déblayer le sable du sphinx !! Aucune inscription ne confirme sa thèse lancée bien légèrement. Il existe aussi d’autres documents prouvant que le temple adjacent au Sphinx et qui possède exactement les mêmes marques d’érosion que celui-ci existait avant le règne de Chéops. Dans une inscription qui était conservée au musée de Boulak, le scribe royal du pharaon Chéops note une dédicace qu’il a a lui-même relevée sur un document antérieur. Cette dédicace prétend que le soleil en personne présida à la gigantesque construction, dont « l’origine se perdait dans la nuit des Temps ».

Le Sphinx en position sur le plateau avec au fond la pyramide de Chéops

Or si l’on prend en compte ceci, c’est toute la datation chronologique actuelle en cours en égyptologie qu’il faudrait revoir ! Un peu trop pour certains… C’est pourquoi la majorité des égyptologues actuels se détourne de cette stèle dite de l’inventaire, car elle remet en question trop d’acquis pour eux. Certains préfèrent d’ailleurs affirmer que cette stèle faisant la liste de l’inventaire du temple d’Isis remonterait seulement à la 26 ème dynastie. Peut-être mais Auguste Mariette le découvreur, qui a passé plus de dix ans à fouiller le plateau de Giza a toujours affirmé lui, que la stèle fut érigée par Chéops lui-même.

Quant à la supposée ressemblance de la tête du sphinx avec Chéphren lui-même, cette théorie a été invalidée depuis 30 ans par le Directeur du service de médecine légale de la police de New-York expert en morphologie faciale Dr Franck Domingo. Après avoir photographié le sphinx sous plusieurs angles et lumières puis la statue de Chéphren au musée du Caire il compara avec sa méthode scientifique, il conclut sans appel qu’il s’agissait bien de deux personnes différentes..

Robert Temple lui, prouve d’ailleurs grâce à l’étude de la coiffe et de certains traits et aussi à cause de l’obsession du pharaon pour les sphinxs qu’il s’agit en fait d’ Amenemhat II (1929-1892 Avant J.C.).

En tout cas si à l’origine le sphinx avait bien une tête d’Anubis et que bien plus tard il comporta la tête de ce pharaon on pourrait penser également que d’autres avant Amenemhat II ont pu y apposer leur face également, la tête du sphinx comportant beaucoup de traces de multiples réfections et la tête actuelle étant fort disproportionnée par rapport au corps. On trouve également un texte du pharaon Amenhotep II (1448/1420 Avant J.C.)comportant une mention du sphinx en tant que: « plus ancien que les Pyramides ». Puis nous avons la fameuse stèle de Tutmosis IV qui a donné lieu à mes recherches sur le deuxième sphinx.

A la recherche du deuxième sphinx

Il était généralement admis pendant de longues périodes chez les Anciens Egyptiens que le Sphinx était recouvert par les sables, sauf la tête jusqu’à ce que le pharaon Tutmosis IV (18ème dynastie: 1420-1411 av. J.C.) ne le désensable. Et nous avons le merveilleux récit de Tutmosis IV gravé pour l’éternité sur une stèle de granit rose et érigée entre les pattes du Sphinx : c’est la stèle dite de Tutmosis IV. Ce pharaon qui n’était alors qu’un prince, n’appartenant même pas à la lignée principale de succession pharaonique, vint se reposer après une chasse à l’ombre de la tête seule apparente alors, et s’endormit. Là il rêva que le Sphinx lui parlait dans son sommeil, le suppliant de le débarasser de ses souffrances car il ne supportait plus les brûlures du sable du désert le recouvrant. En échange, il lui donnerait le pouvoir et la fortune. Tutmosis à son réveil décida de s’exécuter et devint en peu de temps pharaon ainsi que très fortuné.

Ce qui est particulièrement intéressant par rapport à cette stèle de Tutmosis IV c’est la représentation qui est faite du sphinx. Regardez bien, il y a deux sphinxs ! Et se tournant le dos ce qui ne veux pas dire d’aileurs, et pour des questions de règles anciennes de perspectives que dans une réalité, les deux sphinxs se tournent véritablement le dos.

De plus ils sont allongés sur des structures avec portes indiquant par là que les sphinxs donnent accès à un ailleurs, un complexe souterrain. Mais où donc est passé le deuxième sphinx dessiné sur cette stèle ? Ce qui est bien curieux c’est que très peu de gens se sont mis à chercher les réponses…

Dans la fameuse stèle de l’inventaire conservée au musée du Caire, il est fait mention qu’un éclair aurait foudroyé la coiffe du deuxième sphinx entraînant sa destruction ainsi que celle d’un sycomore, arbre sacré à l’époque, qui fut brûlé aussi par la foudre. Pour l’archéologue Michael Poe qui se réfère à des fragments de papyrus du Moyen Empire ce deuxième sphinx aurait été détruit par une crue du Nil particulièrement violente environ 1000 ans après J.C. Les villageois auraient alors prélevé les pierres pour reconstruire leur village.

C’est alors que je me suis mise à chercher en Egypte et grâce à mes connaissances d’Arabe classique j’ai vite trouvé des textes confirmant l’existence de deux sphinxs.

Ainsi dans ses deux encyclopédies géographiques (Kitab al Mamalik, al-Mamsalik et Kitab al Jujori le grand géographe et savant arabe Al-Idrisi (1099-1166), mentionne bien la présence de deux sphinxs à Giza, l’un est en très mauvais état, il est atteint par les eaux du Nil et de nombreuses pierres manquent.

D’autres auteurs mentionnent également l’existence de deux sphinxs : Ainsi l’historien célèbre Musabbihi écrit au sujet d’un : « sphinx plus petit que l’autre » de l’autre côté du Nil, en très mauvais état, composé de briques et de pierres (Annales de Rabi II,vers 1024). C’est pourquoi je recherche inlassablement depuis des années l’emplacement du second sphinx. La tâche est très difficile car toute la rive opposée du Nil est couverte des buildings de la mégalopole du Caire et de ses banlieues gigantesques. Comment trouver l’emplacement d’un sphinx disparu ?

Et c’est là qu’intervint une de mes cartes, celle de l’analyse par satellite minutieuse dont je suis spécialiste, couplée à une étude sur le terrain du moindre des détails. J’ai après avoir sillonné des milliers de ruelles déterminé deux endroits possibles (Voir photo sat du Nil). C’est alors que le grand géologue et archéologue égyptien Dr Barakat m’a fait l’honneur de me contacter en me disant, après avoir lu un de mes articles sur ce sujet en anglais qu’il appréciait beaucoup mon travail et était arrivé aux mêmes conclusions que moi, ce qui me conforte comme vous pouvez l’imaginer dans la continuation de cette recherche. Je vais m’y consacrer cet été et rencontrer le géologue lors d’entretiens qui promettent beaucoup et dont je vous ferait part ultérieurement.

D’autre part à l’instar des historiens arabes qui l’ont vu à leur époque, nous avançons l’hypothèse que l’un des deux sphinxs devaient être féminin.

Al Idrisi dit clairement que le second sphinx était féminin et situé sur la rive Est du Nil faisant face au sphinx mâle celui que nous connaissons tous. N’oublions pas également que le nom Grec : « Sphinx » du verbe « sphingô » veux dire étrangler. Les deux sphinxs face à face de chaque côté du Nil formait comme un goulot d’étranglement, comme une surveillance sur les navires provenant de Haute Egypte ou descendant au Sud…

L’emplacement du second sphinx pourrait receler de nombreux secrets des temps préhistoriques même, beaucoup de choses dans le sous-sol. Ce sera dans le futur sans nul doute un projet archéologique colossal dans le futur comme le dit le Dr Barakat.

Je vous dirais aussi et je ne suis pas la seule, que les deux sphinxs sont similaires aux deux piliers d’Hercule, l’un indiquant le pouvoir matériel s’impliquant vers le haut dans le pouvoir spirituel (le sphinx féminin) et l’autre (l’actuel), le pouvoir spirituel s’impliquant dans le monde matériel souterrain mais c’est là le sujet d’un de mes livres en cours…

En tout cas pour boucler la boucle momentanément et pour apporter ma pierre à l’œuvre de Temple même s’il ne parle pas du tout de deuxième sphinx, j’ai découvert récemment qu’il y avait bien dans le passé deux Upuaout (Anubis)/ Sur la stèle JE 47381 aux trois registres sont bien figurés un: « Upuaout de Haute Egypte, controleur des deux Terres »(« Wp-wAwt smaw aba-Tawy ») et dans le registre du millieu on voit celui-ci accompagné de: « Wepwawet de Basse Egypte » (« Wp-wAwt mttyt »)

Donc les deux sphinxs tout à fait à l’origine aurait bien pu représenter deux Anubis…

Dans un prochain article je vous parlerais de l’état actuel des découvertes par rapport aux cavités à l’intérieur et sous le sphinx de Giza…encore bien des choses que peu savent…

2ème partie

L’incubation des rêves et le Sphinx

Dans mon article précédent je vous ai démontré que le sphinx recelait encore bien des secrets parfaitement méconnus en vous parlant, entre autres, de l’inscription mystérieuse en grec retrouvée sur le sphinx en 1817 (puis occultée par un recouvrement) qui considérait bien le sphinx comme une île entourée d’eau et remontant : «  aux Dieux immortels ». Puis je vous ai parlé d’évidences indiquant que le sphinx, bien plus ancien qu’on ne le pense, était en sa lointaine origine une représentation d’Anubis comme le confirme le dernier ouvrage monumental (560 p !) du très sérieux chercheur et professeur anglais Robert Temple.

Aujourd’hui je vais m’attarder sur l’utilisation qui a été faite, du moins a certaines époques du Sphinx en tant que : « Sheshep-Ankh » : « La statue de vie » comme on la nommait au Moyen Empire.

Face nord du Sphinx (Photo Gigal)


Le sphinx de dos (Photo gigal)

Pour cela il faut tout d’abord que je vous fasse l’état des lieux très exact de ce que contient le sphinx (je ne parlerais pas ici des toutes petites anomalies détectées par radar dans le sol autour du sphinx qui pour l’instant n’ont données lieu à aucune fouille) et ceci sans spéculations comme il en a été trop l’habitude dans de multiples écrits. Et vous allez être surpris !

En effet la réalité est tout simplement incroyable et vous constaterez avec moi qu’elle est parfaitement méconnue car un fatras d’informations approximatives et de désinformations recouvrent le sphinx depuis fort longtemps.

En fait si on fait une enquête poussée, rendue difficile par le fait que beaucoup de documents sérieux passent inaperçus comme ensevelis dans le silence, comme si une volonté de ne pas montrer la vérité existait, on s’aperçoit que des découvertes importantes ont été faites dont on n’entend plus jamais parler ensuite.

Ainsi, certainement, très peu d’entre vous savez par exemple qu’il y a exactement trois tunnels-puits dans le sphinx.

Vous avez le tunnel creusé à l’arrière du sphinx même qui est le plus connu, celui creusé derrière la tête et enfin le plus méconnu : celui se trouvant sur le flanc nord du sphinx.

Petite entrée à l’arrière (Photo Gigal)


Sphinx enclosure

Je vais commencer par celui-ci qui illustre bien les non-dits au sujet du monument. Le tunnel se trouvant sur le flanc nord du sphinx au niveau du sol, a été ouvert en 1926 par Emile Baraize qui finit par le sceller avec des blocs de ciment. Il y avait même l’encadrure d’une porte que Baraize mura avec des pierres qu’il trouva à l’époque dans le voisinage. Ce qui est incroyable c’est que Baraize ne laissa aucun récit de ce qu’il trouva et explora dans ce tunnel tellement il était pris par son travail de nettoyage et restauration du sphinx. Pourtant deux photos prises par Pierre Lacau en 1926 existent ( aux archives du centre Golenischeff à Paris) de l’intérieur de ce tunnel, mais même un chercheur comme Temple n’eut pas le droit de les voir !

Tout ce que l’on sait c’est que ce tunnel est très ancien car son entrée est obstruée par des pierres de recouvrement (sous les pierres de Baraize) de la phase de restauration la plus ancienne. Le Sphinx a subi en effet bien des restaurations par le passé, sous les différents pharaons. Et on se demande alors pourquoi on n’ouvre pas de nouveau ce passage pour voir où il mène et l’explorer comme il se doit? Un grand mystère de plus!

Le puit creusé derrière la tête du sphinx et mesurant 6m et à été, il semble, creusé au 19ème siècle pour essayer d’explorer l’intérieur du sphinx et il se termine en cul de sac. Il nous reste le tunnel à l’arrière du sphinx qui est celui qui nous intéresse particulièrement aujourd’hui et qu’Henry Vyse trouva en 1881 mais que bien des voyageurs dans passé plus lointain avaient déjà mentionné. Ainsi le voyageur Guido Pancirolli (1523-1599) l’avait détaillé dans son livre publié en 1599 : « L’histoire de choses mémorables perdues ». On voit au passage que déjà en 1599 il y avait des découvertes sur le sphinx dont on avait tout oublié !

Or ce tunnel, selon une publication de 1994 passée inaperçue d’Hawass : le dirigeant du Conseil suprême des Antiquités, ne fut réouvert et exploré qu’en 1979. Pourquoi avoir attendu plus de 15 ans pour en parler alors que c’est une découverte d’importance ? Ce tunnel très étroit ( de la place pour une seule personne assez mince) et nu dans lequel on entre par une toute petite ouverture au ras du sol à l’arrière du sphinx, fait d’abord verticalement 6m en descente., Une échelle de fer apposée récemment vous permet d’y tenir en équilibre. Le problème c’est qu’aujourd’hui cet espace est plein de détritus et de gravats et qu’une poutre en fer de soutien y prend beaucoup de place. Puis le tunnel remonte sur 8m, renforcé par des poutres de bois jusqu’à l’endroit où Baraize (encore lui )avait coulé du ciment en 1926 au niveau des hanches du sphinx car une faille importante y existait. Mais tout laisse penser que le tunnel continue vers la tête du sphinx. Il est bien regrettable qu’on ne puisse savoir comment cela se poursuit au delà du ciment !

Mais ce que l’on constate dans la partie encore visible, c’est qu’un espace arrondi y est creusé permettant à une personne de s’y allonger parfaitement.

Et c’est de l’usage probablement thérapeutique de cette mystérieuse cavité, dont je souhaite vous entretenir aujourd’hui. Avant de vous en parler je dois vous citer tout de même les deux autres cavités existantes:

Il y avait un trou conique et irrégulier de 2m de profondeur sur le sommet de la tête (cimenté depuis) que Coutelle avait déjà observé pendant l’expédition de Napoléon en 1798 qui avait du enserrer d’autres éléments de la coiffure du sphinx.

Et puis il y a une cavité intéressante dont l’entrée  est recouverte par une plaque de métal (moderne) et se trouve entre les deux pattes du sphinx. Elle-ci mène à une petite chambre souterraine à la verticale, où Henry Salt aurait muré (lui aussi !) une entrée de souterrain en 1817. Encore un tunnel dont on ne sait au jour d’aujourd’hui où il va !

Beaucoup de chercheurs pensent que cette cavité était utilisée par un prêtre pour qu’il puisse parler sans être vu à la foule et donner ainsi des oracles à la place du sphinx. Une telle pratique des oracles était répandue à l’époque tardive des Ptolémées où l’on essayait de remotiver la foi de la population et on trouve entre autres à Fayoum (l’oasis fertile des pharaons à 100km au sud du Caire) bon nombre d’autels avec des pièces secrètes à l’intérieur pour cet usage. On a peut-être une piste comme le souligne Temple avec le témoignage d’un voyageur de 1579 :Johannes Heffrich qui dit que cette chambre est un passage secret pour qu’un prêtre sans être vu puisse monter par un tunnel dans la tête du sphinx et parler à la foule sans être vu…Nous voyons bien de toutes façons que le Sphinx a bon nombre de secrets à nous livrer encore malgré les moyens modernes d’aujourd’hui.

Fissure hanches du sphinx cimentée par Baraize

point jaune à l’arrière du sphinx le ciment de Baraize

Je viens donc de vous énumérer les cavités connues déjà explorées dans le sphinx, mais avant de retourner à celle qui nous intéresse aujourd’hui, pour bien en comprendre l’éventuelle fonction, il faut que je vous parle tout d’abord de l’origine des thérapies et de la médecine en Egypte et surtout du personnage phare : l’incontournable Imhotep, celui dont on dit qu’il construisit la pyramide du pharaon Djoser à Saqqara vers 2600 Avant JC.

Non seulement Imhotep dont le nom veux dire : « Celui qui est venu en paix », était le premier ministre de Djoser, le grand architecte du royaume, Grand prêtre d’Heliopolis, Grand Mage, chef de tous les prêtres de l’Egypte du nord mais il était aussi un très grand médecin, sans doute le premier, avec son école de médecine et son temple.

Ces bâtiments se trouvaient autour du complexe souterrain du Serapeum au nord de Saqqara même. On vient de découvrir d’ailleurs le mois passé, de très anciens instruments de chirurgie à Saqqara. Plus de 2200 avant la naissance d’Hippocrate en Grèce pourtant renommé comme le père de notre médecine, Imhotep, lui, en Egypte, savait déjà diagnostiquer et soigner plus de 200 maladies, utilisait des termes de divisions anatomiques, pratiquait des actes de chirurgie. Nous en avons des traces d’ailleurs dans le fameux papyrus dit d’Edwin Smith. Le grand égyptologue James Henry Breasted nous dit d’Himotep : « En sagesse de prêtrise, en magie, en formulation de proverbes sages, en médecine, en architecture, la remarquable figure du règne de Djoser a laissé une telle réputation notable que son nom n’a jamais été oublié. ».

Dans le Canon royal de Turin reconnu par Jean-François Champollion comme un document historique d’importance,( « papyrus de Turin » écrit en hiératique, trouvé en 1822 à Thèbes, dont il nous reste 160 fragments qui forment un papyrus de 170cm de large et 41cm de haut, est aujourd’hui dans la collection du Musée de Turin) qui est une liste comportant les noms des prédécesseurs de Ramsès II, dont le nom des Dieux supposés avoir gouverné en Egypte avant les pharaons mêmes, on trouve le nom d’Imhotep qui y est désigné en tant que : « fils du dieu Ptah ». Avec Amenhotep, il est le seul égyptien mortel mais demi-dieu quand même, par sa filiation donc, qui parvint à récupérer la position plénière d’un dieu.

Or, ce qui est intéressant ici, c’est que plus tard, les Grecs installés en Egypte, assimilèrent Imhotep l’égyptien à leur Dieu : Esculape : Asclépios le dieu de la médecine et appelèrent son école de médecine Asklépieion. Il est fort possible d’ailleurs qu’à l’origine Asclépios et Imhotep soient une seule et même personne comme nous allons le voir et comme le clament déjà bon nombre de chercheurs…

Qu’avons nous sur Asclépios ?

On nous dit qu’il est le fils du divin Apollon et d’une nymphe :Arsinoé-Koronis (Arsinoé est aussi un nom de lieu se trouvant au sud du confin sud du plateau de Giza à Fayum) par conséquent nous avons à faire aussi à un demi-dieu. On nous dit qu’il fut élevé par le centaure Chiron ( le dernier centaure sur Terre dans l’Antiquité disent les Grecs) dans une grotte souterraine et qu’il lui enseigna toute la médecine et plus encore…car Asclépios ne semblait pas seulement guérir mais il ressuscitait les morts. Le dieu Zeus inquiet du zèle d’Asclépios à immortaliser les terriens et ainsi déranger l’ordre établi des choses finit par le foudroyer et le transforma en la constellation du Serpentaire (Ophiucus : « le porteur de serpents »)…or c’est un enseignement des anciens égyptiens que d’affirmer que les dieux à leur mort se transformaient en constellation ou étoile…Le fait est qu’on assimile souvent Ptah à Zeus et à la foudre.

Mais ce qui est très important de retenir ici c’est comment Asclépios soignait . Et la plupart du temps c’était par le moyen de « l’incubation » qui est la pratique courante alors de dormir toute une nuit ou plusieurs nuits dans l’enceinte d’un temple sacré afin de provoquer un rêve riche de signification et par conséquent guérisseur. Soit : Asclépios apparaissait en songe aux prêtres et leur révélait ainsi les remèdes de leurs malades ou les patients eux-mêmes le recevaient en rêve et guérissaient.

Asclépios était représenté avec un bâton sur lequel s’enroulait un serpent, symbole de la médecine (à ne pas confondre avec le caducée de Mercure, lui avec deux serpents, symbolisant le commerce et la communication).

Un serpent, car les fonctions oraculaires et médicale de cette médecine se faisait aussi grâce à la présence d’une source d’eau sacrée comme nous allons le voir, grâce à l’eau sortant de terre dont : «  le lent cheminement dans les profondeurs du sol lui a permis d’apprendre ce qui a été, ce qui sera» comme nous dit René Ginouvès dans son remarquable ouvrage et qui est symbolisé donc par le « serpentement » du serpent.

Asclépios eut trois garçons et six filles dont : Hygiène, Panacée et Meditina. Soulignons que notre Hippocrate ( le père de notre médecine celui sur lequel nos médecins font leurs serments) est admis comme descendant d’Asclépios par son côté paternel…Même si c’est à lui que l’on doit les mots : chronique, endémique, épidémique, convalescence, paroxysme…etc, et bien que la médecine occidentale officielle se réclame de lui, en réalité sa conception de la médecine était vraiment différente de la nôtre.

Le Dr Houdant nous dit par exemple que le traitement : « Hippocratique est bien plutôt une méditation sur la mort ». N’oublions pas qu’Hippocrates alla en Egypte pour étudier la médecine chez les grands prêtres et il connu l’aspect initiatique de la médecine pharaonique. En fait, la médecine d’Hippocrates était la copie conforme de celle d’Asclépios et se pratiquait un peu partout dans les temples .Ces lieux de guérison devaient comporter un temple-sanatorium en surface, des grottes souterraines et une source d’eau souterraine. Vous pouvez toujours voir le sanctuaire d’Asclépios aujourd’hui sur le flanc sud de l’acropole, sous le Parthénon d’Athènes avec sa source et sa grotte aujourd’hui transformée en chapelle orthodoxe. Vous avez la même chose avec le temple d’Epidaure en Grèce et à Pergame.

Or à Sakkara nous savons qu’Imhotep avait un temple consacré à la médecine et les grottes et souterrains du Serapeum et une source à disposition. C’est en tout cas exactement comme Asclépios qu’Imhotep procédait dans les parages du Serapeum avec ses malades. A part être le fils de : « Ptah », Imhotep avait une mère mortelle : Kheredu-Ankh qui fut élevée au rang de semi divine (comme la mère d’Asclépios !) car elle clamait que son père à elle était le dieu bélier de la fécondité : Banebdjedet considéré par les anciens égyptiens comme un des Grands Ancêtres, que plus tard les grecs appelèrent : Pan.

D’autre part n’oublions pas que les anciens Grecs se disputaient déjà au sujet d’Asclépios en disant qu’il était beaucoup plus ancien que la datation officielle voulait bien le dire déjà à l’époque et que des linguistes avancent la thèse selon laquelle le véritable sens du mot : « Asclépios » serait étymologiquement : « le héros du tertre » qui est un titre purement égyptien. Les présomptions sont donc de plus en plus fortes pour faire d’Imhotep et d’Esculape une seule et même personne…

Les Grecs étaient fascinés par la science égyptienne et Homère (dans l’Odyssée) nous fait savoir : « L’Egypte est le pays des médecins les plus savants du monde ».

La médecine n’y était pas considérée comme uniquement une accumulation de savoir et d’observations mais également comme un travail sur soi destiné à transformer l’être en véritable canal.

En dehors des traitements complexes de plantes, de la chirurgie, des réductions de fractures, voici en quoi consistait l’essentiel de leur médecine : ils faisaient boire l’eau de la source souterraine et prendre des bains à leurs patients car pour eux il était indéniable que cette eau charriait les pouvoirs de guérison des esprits de la Terre. Ensuite ils ne soignaient que ceux qui avaient assez de courage et de détermination pour subir les traitements.

Les patients devaient être en état de jeûne, faire de multiples ablutions dans l’enceinte sacrée de ce qu’on appelait l’abaton, c’est à dire à la fois dans le temple, les cavernes et les souterrains en dessous, où nul autre n’était autorisé à entrer.

Puis ils faisaient dormir les malades dans les dortoirs collectifs de l’Abaton pour qu’ils rêvent.

Il y avait de véritables rituels d’incubation des rêves où la connaissance la plus profonde de la Terre mère était censée vous envoyer des rêves indicatifs sur la raison de votre maladie et comment la soigner.

Le lendemain on racontait son rêve aux prêtres qui ensuite vous prescrivaient un traitement. On disait aussi que la première image venant à l’esprit du dormeur devenait un esprit protecteur et ne le quittait plus.

L’enseignement que l’on retirait de l’étude des rêves était très sophistiqué. On ne pratiquait pas une généralisation de l’nterprétation des songes, on considérait que pour une même personne l’interprétation d’un symbole rêvé donnait lieu à une interprétation différente selon les personnes. Chaque personne était considérée comme ayant son propre langage onirique et tout un travail se faisait sur les images et émotions du patient.

Cette science est celle que l’on appelle l’incubation iatromantique.

La différence entre un rêve classique et un songe iatromantique est que ce dernier est envoyé dans un but précis par un dieu médecin dans un lieu sacré conçu pour cela et qu’il doit contenir des éléments indicatifs pour le diagnostic et (ou) le traitement.

Ainsi pour donner un exemple qui nous est resté :un homme souffrant de l’estomac vint dans le temple d’Asklépios pour faire un rêve inspiré par le dieu. Il rêva que le dieu lui tendait sa main droite et lui donnait sa main à manger. Le lendemain les prêtres interprétèrent son rêve et lui dirent qu’il fallait qu’il mange cinq dattes car les dattes portaient le nom de : « doigts divins » à l’époque, et il guérit…

Imhotep

Le sphinx inspiré (Photo Gigal)

Le travail de guérison par les rêves était donc bien connu des anciens égyptiens et pour cela il me faut vous parler un instant également de Bès.

Auguste Mariette avait bien trouvé une statue de Bès à proximité de l’entrée du serapeum. En effet ce génie révéré pour ses oracles à Abydos dans le sud de l’Egypte était connu par ailleurs pour être oniromancien. C’est à dire qu’il était connu également pour susciter des rêves que l’on interprétait ensuite. Les égyptiens plaçaient souvent sa représentation dans la chambre à coucher pour que leur sommeil soit peuplé de riches songes.

A l’époque les rêves étaient considérés comme un moyen thérapeutique vraiment très important. C’est pourquoi toute une caste de médecins-prêtres « les Wab » en dehors des généralistes laïques (« les soundu ») qui couraient la campagne , vivaient dans les Maisons de vie : Per-Ankh, dans le temple pour remplir leur double fonction sacerdotale et médicale.

La plupart du temps ils étaient des prêtres médecin de la déesse-lionne Sekhmet et ils soignaient dans les sanatorium des temples en pratiquant entre autres l’incubation iatromantique sur leurs patients.

La maladie pour eux n’était pas du tout envisagée comme une punition divine mais bien plutôt comme une rupture d’harmonie entre l’homme et le cosmos. Il s’agissait de redonner au patient ses liens avec la nature et une harmonie bien représentée par la déesse Mâat.

L’harmonie représentait une valeur capitale de la pensée égyptienne, celle qui s’imposait sur les forces négatives, le mensonge, l’injustice et sur le chaos originel d’où le monde était né. Elle était la garante de l’équité et de l’équilibre global du monde et son enseignement était prodigué dans les temples par des instructions.

Mais une autre déesse était impliquée fortement dans le rétablissement de la santé des patients et c’est Isis. Le philosophe Diodore de Sicile nous en laisse témoignage :

« Maintenant qu’elle a atteint l’immortalité, Isis prend plaisir à soigner les corps des hommes et à ceux qui souhaitent son aide, elle manifeste clairement sa présence dans leur sommeil et donne un soulagement réel et efficace  à ceux qui l’appellent au secours»

Ce texte indique clairement qu’à l’époque en Egypte on invoquait Isis pour obtenir une activité iatromantique. Or juste à côté du sphinx au nord–ouest, se trouvait un petit temple à Isis et nous avons des textes arabes égyptiens du Moyen-Age qui nomme le sphinx comme « l’idole d’Isis ».

C’est pourquoi des chercheurs comme Temple sont persuadés que la cavité arrière du sphinx était conçue pour qu’un patient y passe la nuit afin d’obtenir un rêve de guérison. A l’instar du temple d’Asclépios en Grèce qui ne pouvait contenir qu’une douzaine de visiteurs en incubation à la fois, l’emplacement dans le sphinx n’aurait pu servir qu’à 365 privilégiés par an. D’autre part les cavités que l’on voit dans le rocher tout autour de l’enceinte du sphinx et qui sont de petites cellules auraient pu servir aussi pour des patients supplémentaires à l’incubation. A l’époque l’approche du sphinx étaient vraiment monumentale : un immense escalier existait alors (voire photo) et l’on faisait des offrandes sur un petit autel se trouvant entre ses pattes.

Le fait de pouvoir dormir dans le corps même du sphinx devait être une expérience inoubliable et très impressionnante… Il y a aussi le fameux rêve que Tutmosis IV avait eût à un retour de chasse au pied du sphinx et qu’il fit inscrire sur la fameuse stèle du rêve qui se trouve toujours entre les patttes du sphinx où celui –ci lui demanda de le désensabler en échange de quoi le prince (pas encore pharaon) deviendrait un grant régnant sur l’Egypte…

Comme je parcours sans cesse les lieux les plus sacrés d’Egypte j’ai voulu tester l’effet iatromantique de certains sites, poussée par ma grande curiosité et le profond respect que j’ai appris à avoir pour l’enseignement des Anciens Egyptiens et je dois dire que la surprise a été au rendez-vous… Comme il est interdit aujourd’hui de dormir sur la place même des anciens sanctuaires, j’ai dormi juste à côté après m’être imprégné du lieu, comme je n’étais pas malade mais que l’on a toujours quelque chose à parfaire je n’avait pas de demande précise sauf celle de recevoir en rêve un message quel qu’il soit. Comme je me rappelle rarement de mes rêves je craignais manquer cet épisode et ne pouvoir en avoir conscience. Mais je ne fut pas déçue : J’eut alors, même si très courts, les rêves les plus vivants et colorés que je n’ai jamais eût de ma vie !

J’ai essayé des sanctuaires différents et à chaque fois cela n’a pas manqué ! Ce sont des messages très personnels mais tout ce dont je peux témoigner c’est que dans un des rêves d’incubation, chose que je n’attendais absolument pas, j’eût la visite de l’oiseau sacré Bennu , l’oiseau d’Osiris, le phénix des Egyptiens qui me délivra un message d’importance pour mes recherches. Il est certain que ma grande familiarisation avec l’Egypte doit y être pour quelque chose mais cela arriva également à plusieurs des personnes qui m’accompagnent dans mes voyages à Giza et dans le reste de l’Egypte.

Antoine Gigal
Text and Photos by Antoine Gigal

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Commentaires : 3
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Mickael Fauque Guérisseur magnétiseur énergéticien, sourcier, géobiologue diplômé de la fédération francçaise de géobiologie et de l'école de géobiologie "l'atelier feng shui"
Mickael Fauque Guérisseur magnétiseur énergéticien, sourcier, géobiologue diplômé de la fédération francçaise de géobiologie et de l'école de géobiologie "l'atelier feng shui"

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