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Au début du XIIIè siècle, durant la croisade des Albigeois destinée à éliminer les cathares, et qui aurait fait environ 200 000 victimes, les rares survivants trouvèrent refuge parmi les Templiers...

Au cours du haut Moyen Âge, l'Église catholique romaine domina l'ensemble du monde occidental. Jusqu'à la Renaissance, elle mena plusieurs croisades, envoyant régulièrement des armées constituées de ses meilleurs soldats au Moyen-Orient afin de reconquérir la Terre sainte, alors aux mains des musulmans. Il y eut huit grandes croisades. La plupart des historiens s'accordent sur les suivantes : la première, menée par Pierre l'Ermite et Godefroy de Bouillon, 1095-1101 ; la deuxième, menée par Louis VII, roi de France, 1145-1147 ; la troisième, menée par Philippe II Auguste et Richard Cœur de Lion, 1188-1192 ; la quatrième, avec la prise de Constantinople, 1202 ; la cinquième, avec la conquête de Damiette, 1217 ; la sixième, à laquelle prit part l'empereur romain chrétien Frédéric II (1228-1229) ; la septième, menée par saint Louis (Louis IX), 1249-1252 ; la huitième, également menée par Louis IX, en 1270.

Il y en eut d'autres, mais de moindre ampleur, comme la croisade des Albigeois contre le catharisme (voir Cathares), qui débuta en 1209. Elles se poursuivirent jusqu'à la fin du XVIIe siècle, avec entre autres la croisade de Lépante en 1571, celle de Hongrie en 1664, et celle du duc de Bourgogne à Candie en 1669.
Dans le sud de la France s'était développé un courant de chrétiens qui croyaient en une version de l'histoire du Christ différente de celle véhiculée officiellement par l'Eglise romaine. Selon eux, Jésus n'était pas célibataire, mais marié avec Marie-Madeleine. Le couple avait des enfants qui, après la mort du Christ, se réfugièrent dans le sud de la France où leurs descendants vivraient toujours. D'après eux, l'Église aurait délibérément minimisé l'importance de Marie-Madeleine dans la vie de Jésus, et mal traduit les Évangiles qui font d'elle une prostituée. L'Église aurait ainsi voulu empêcher les femmes de jouer un rôle significatif en s'assurant que son chef spirituel, c'est-à-dire le pape, soit toujours élu par un groupe descendant des disciples du Christ et non par sa descendance biologique. Église Marie-Madeleine à Jérusalem ->
Les partisans de cette version auraient cherché en Terre sainte une preuve de leur théorie, qu'ils auraient découvert et rapporté en Europe. Ces croisés d'un genre particulier auraient alors pris le nom de Templiers. Quelle était donc cette preuve de l'existence d'une descendance de Jésus ?
En 1118, neuf croisés français se seraient rendus à Jérusalem pour solliciter du roi Baudouin II le droit de protéger la route des pèlerins se rendant en Terre sainte. La ville de Jérusalem était alors sous la domination des croisés depuis 1099, date à laquelle elle avait été prise par les chevaliers de la première croisade, menée par Godefroy de Bouillon. Cependant, les routes demeuraient dangereuses à cause des infidèles restés dans la région. En échange de cette protection des pèlerins, les croisés français, parmi lesquels Hugues de Payns, Bisol de St-Omer, Hugues (comte de Champagne), André de Montbard (l'oncle de saint Bernard) et Archambaud de Saint-Aignan, demandaient à pouvoir résider dans le palais royal voisin de la mosquée d'Al-Aqsa, construite sur les ruines du Temple de Salomon.
Le nom des pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon fut vite abrégé en chevaliers du Temple, puis en Templiers.
Les Templiers ont-ils vraiment protégé les pèlerins contre les bandits de grand chemin ? Le débat reste ouvert. Certains affirment que cette tâche aurait en fait été accomplie par les Hospitaliers (ou ordre souverain de Saint-Jean de Jérusalem). Il n'en reste pas moins que les Templiers passèrent beaucoup de temps à fouiller les vestiges du Temple de Salomon. Construit et détruit à plusieurs reprises, l'édifice remontait au VI ème siècle av. J-C. Avant d'être converti en mosquée, il avait été le temple d'Hérode, détruit par les Romains en 70, quatre ans seulement après sa construction.
Le Temple existait donc avant, pendant et après la vie du Christ. Lors de ces fouilles, tâche de grande ampleur, les Templiers auraient découvert des "manuscrits de la connaissance" traitant de la vie du Christ et antérieurs aux Évangiles. Pour une raison demeurée inconnue, cette connaissance leur procura un certain pouvoir sur l'Église romaine.

On doit le premier écrit sur les Templiers à l'historien franc Guillaume de Tyr, qui le rédigea de 1175 à 1185. Il existe donc un écart conséquent - près de 60 ans - entre les origines des Templiers et les premiers écrits les concernant. L'œuvre de Guillaume de Tyr fut jugée vague et incomplète, de sorte que cette version des origines des Templiers ne peut être considérée comme tout a fait crédible sur le plan historique. C'est toutefois la seule version dont nous disposons. Certains éléments sont douteux et, en tout cas, soulèvent des questions. Par exemple, les neuf chevaliers d'origine ne permirent à aucun nouveau candidat d'intégrer leur ordre durant neuf ans. De plus, ils étaient si pauvres qu'ils devaient monter à deux sur le même cheval, un emblème templier montrant deux chevaliers sur la même monture parvint jusqu'au XIII ème siècle, époque à laquelle les Templiers s'étaient considérablement enrichis.
Certains pensent que, si les origines des Templiers sont bien celles évoquées par Guillaume de Tyr, il devrait exister des éléments de preuve. Le roi de France avait en effet un historien officiel, Foulques de Chartres, dont les écrits sur cette période existent encore, mais ne font nulle part mention des Templiers. C'est étrange, car ces derniers auraient été à l'évidence cités s'ils avaient vraiment eu pour mission de protéger les pèlerins sur les routes menant en Terre sainte. D'après Manly Hall : "Le savoir des Templiers sur les débuts du christianisme fut, sans le moindre doute, l'une des raisons de leur persécution et de leur élimination finale."
Les Templiers furent officiellement reconnus' par l'Église en 1128, après que leurs grands maîtres se furent rendus à Troyes où ils rencontrèrent les dirigeants catholiques, dont Bernard de Clairvaux qui deviendra par la suite saint Bernard. Avec le concile de Troyes, l'Église reconnut les Templiers comme un ordre religieux et militaire officiel. Elle leur octroya également une série de règles - notamment que tous les chevaliers devaient faire vœu de chasteté et de pauvreté.

En temps de guerre, ils n'avaient pas le droit de battre en retraite, sauf dans des circonstances particulièrement difficiles et pouvaient recevoir des dons. Hugues de Payns devint grand maître. Les Templiers devaient se couper les cheveux, mais ne pouvaient se raser la barbe, et porter cette cape blanche qui est encore aujourd'hui un signe distinctif. En 1146, la cape fut ornée de la célèbre croix pattée rouge.
Par ailleurs, les nouvelles recrues devaient céder tous leurs biens à l'ordre. Après leur officialisation par l'Église, les Templiers accumulèrent rapidement de nombreuses richesses, assimilant notamment les domaines de leurs nouvelles recrues fortunées. Au bout d'un an, les Templiers possédaient des terres et des châteaux depuis l'Écosse jusqu'à la Terre sainte. À mesure que leurs rangs s'étoffaient, ils devinrent la plus grande puissance militaire du monde. L'ordre avait ses propres médecins dont les connaissances médicales étaient en avance sur leur temps. Les chevaliers étaient conscients de l'importance de l'hygiène, par exemple, dans une société où la propreté était considérée comme malsaine. Les épileptiques, nombreux à l'époque, étaient perçus comme des possédés par le diable, sauf par les Templiers, qui considéraient que ces pauvres gens souffraient simplement d'une maladie que l'on pouvait maîtriser.
Certains chercheurs estiment que les Templiers se sont parfois alliés à la secte islamique des Assassins pour mener des actions militaires, comme le siège de Damas en 1129, sous la bannière du roi Baudouin de Jérusalem. D'autres sources décrivent Templiers et Assassins comme des ennemis mortels. Au final, les deux théories ne sont pas incompatibles.
La structure de l'ordre allait inspirer les sociétés secrètes postérieures, dont la franc-maçonnerie. Les Templiers étaient divisés en grades, entretenaient secrets et rituels et ne se cachaient pas seulement du public mais également de leurs pairs. Les nouveaux membres étaient recrutés jusqu'à ce qu'ils atteignent un effectif d'environ vingt mille personnes.
Le noyau dur devint extrêmement riche. En 1139, le pape Innocent II déclara que les Templiers ne devaient répondre à aucune autre autorité que celle de l'Église. Ils acquirent des terres supplémentaires et prêtèrent de l'argent, moyennant le reversement d'une commission. En fait, on pense que les Templiers inventèrent le concept de crédit et en fabriquèrent les premières cartes. En Angleterre, l'un des services qu'ils rendaient au roi était la collecte des impôts, tâche qu'ils effectuaient moyennant, là aussi, un pourcentage sur les recettes.
D'après l'auteur Jim Marrs : "Avec ces pratiques bancaires, les Templiers ont aussi apporté à l'Europe les connaissances qu'ils avaient acquises en architecture, en astronomie, en mathématiques, en médecine et dans les techniques médicales. Moins de cent ans après la formation de l'ordre, les Templiers étaient devenus l'équivalent médiéval d'une multinationale d'aujourd'hui."
Les Templiers développèrent un empire considérable s'étendant dans toute l'Europe, de l'Allemagne à Constantinople. En 1150, à l'exception de l'Église elle-même, les Templiers étaient l'organisation la plus puissante du monde occidental.

Sixième grand maître de l'ordre des Templiers, Bertrand de Blanchefort demeura à ce poste de 1153 à 1170 et marqua son époque. C'est lui qui organisa l'ordre et le transforma en ce que l'on appellerait de nos jours une entreprise internationale.
Entre 1195 et 1220, Wolfram von Eschenbach composa son poème épique Parsifal, qui explique le pouvoir des Templiers par le fait qu'ils étaient les gardiens du saint Graal. Les Templiers possédaient leur propre armée, ainsi qu'une marine. Leurs navires arboraient un pavillon orné d'un crâne et de deux os croisés, symbole qui serait plus tard associé à la piraterie. On imagine que cette tête de mort avait peut-être un rapport avec le secret détenu par les Templiers, la clé de leur pouvoir. Navigateurs hors pairs, ils furent parmi les premiers à utiliser le compas magnétique qui permet la navigation de nuit, même lorsque les étoiles sont invisibles. Une explication de l'origine de la tête de mort est fournie par J.S.M. Ward dans son ouvrage Freemasonry and the Ancient Gods : "Une grande dame de Maraclée aimée d'un Templier seigneur de Sidon mourut en pleine jeunesse. Le soir de ses funérailles, son amant éperdu pénétra dans le tombeau, déterra sa dépouille et la viola. Une voix s'éleva alors des ténèbres et lui dit de revenir neuf mois plus tard car il trouverait un fils. Il obéit à l'injonction et, le moment venu, rouvrit le tombeau pour découvrir une tête posée sur les tibias du squelette. La même voix retentit ; "Ne t'en sépare jamais, car elle te procurera de bonnes choses". Ainsi, il l'emporta. Elle devint son génie protecteur et lui permit de repousser ses ennemis lorsqu'il l'arborait. Ensuite, la tête devint la propriété de l'ordre".

Parmi les édifices célèbres construits par les Templiers et subsistant de nos jours se trouve la cathédrale de Chartres, dont les travaux commencèrent en 1145. La cathédrale se trouve à 48' 26' 51' de longitude nord et 1' 29' 14' de latitude est. Ce serait la première structure bâtie dans le style que l'on appellera ensuite gothique. À l'époque, les bâtiments étaient en général trapus et massifs, tandis que cette cathédrale possède un plafond très élevé et fait appel à la technique architecturale alors inédite des arcs-boutants.
D'après John Juhus Norwich dans Atlas mondial de l'architecture : « En 1194, le maître bâtisseur de Chartres élabora de nouveaux principes qui allaient inspirer tous les grands architectes du XIIIè siècle. L'élévation comptait trois niveaux, étant dénuée de galerie (il est à noter le rapport entre les trois niveaux) et la voûte était divisée en quatre parties, ce qui supprimait le besoin de supports en alternance. À l'extérieur, un important changement fut effectué avec l'abandon des cinq tours prévues au-dessus des transepts. » On découvre sur la porte nord de la cathédrale de Chartres une sculpture de l'Arche d'alliance transportée par une charrette. Cette scène est souvent interprétée comme une preuve que les Templiers avaient découvert cette arche et l'avaient rapporté en Europe. Autre fait intéressant, aucune des cathédrales construites par les Templiers ne dépeint la crucifixion du Christ.
Au milieu du XIIIè siècle, les Templiers étaient devenus l'une des premières forces militaires du monde, forte d'une armée et d'une flotte imposante basée au port de La Rochelle. Dans ces conditions, les Templiers n'étaient plus disposés à subir la moindre domination, que ce soit celle de l'Église ou des Anglais. D'après Jim Marrs, un Templier de haut grade menaça le roi Henri III d'Angleterre en ces termes : "Tant que vous ferez preuve de justice, vous régnerez. Si vous la bafouez, vous cesserez d'être roi."
Lorsque en 1291 les musulmans reprirent la Terre sainte aux chrétiens, les Templiers firent partie de ceux qui luttèrent en vain pour garder le contrôle du lieu. Ils se seraient battus de façon héroïque et le grand maître lutta jusqu'à la mort, faisant fi de ses blessures. Avec la perte de la Terre sainte, les Templiers avaient perdu leur raison d'être. Ceux qui étaient installés au Moyen-Orient furent contraints de gagner la Crête, qu'ils avaient achetée à Richard Cœur de Lion. Les Hospitaliers s'installèrent eux aussi sur l'île.

Si les Templiers avaient été officiellement reconnus par l'Église et s'étaient battus lors des croisades, ils étaient désormais si puissants qu'ils étaient devenus un ordre multiculturel, pour employer un terme moderne, et il n'était pas rare que des Templiers emploient des musulmans à leur service. De nombruex Templiers parlaient arabe et entretenaient par ailleurs des liens étroits avec les communautés juives. Certains avaient été cathares et beaucoup affirmaient ouvertement leur croyance en un dualisme gnostique avec un équilibre entre le bien et le mal. Rien de tout cela n'étant approuvé par l'Église.
Au début du XIVè siècle, la puissance des Templiers était à son apogée. C'est à peu près à cette époque qu'ils s'attirèrent les foudres de Philippe le Bel qui ne voyait en eux que des ivrognes et des arrogants. En 1305, il se rendit à Rome pour rencontrer le pape Clément V : le pape n'était alors qu'une marionnette entre les mains du roi qui avait fomenté l'assassinat du pape Boniface VII et peut-être de son remplaçant, Benoît XI, qui mourut dans des circonstances mystérieuses. Ancien archevêque de Bordeaux, le pape Clément V était entièrement sous la domination de Philippe le Bel.
Ce dernier affirma au pape Clément V que les Templiers complotaient pour renverser l'Eglise. Comme ce fut le cas pour les cathares, l'Église ordonna alors une croisade pour éliminer les Templiers et la menace qu'ils représentaient. Avant les arrestations, il y eut une campagne de propagande.
Des rumeurs malveillantes furent répandues sur le compte des Templiers ; sodomie, cannibalisme, sacrifices de nourrissons, idolâtrie d'un diable du nom de Baphomet, rituels reniant la divinité du Christ, crachats et piétinements de la croix ... Si l'on peut affirmer que les Templiers ne respectaient pas entièrement les préceptes de l'Église, leurs véritables croyances demeurent toutefois un mystère. Ce qui est certain, c'est que plusieurs chevaliers ont, dans leurs écrits, fait référence au Baphomet, mais rien ne permet de savoir à quoi ce nom correspond. Il est manifeste qu'il était respecté et associé à des sculptures de nature démoniaque. Le mot était également associé à une tête barbue, ce qui a fait dire à certains qu'il s'agissait d'une référence au suaire de Turin, que l'on a dit en possession des Templiers de 1204 à 1307.
Des récits de rituels étranges impliquant des Templiers et le Baphomet persistent. Selon Peter Tompkins dans son ouvrage La Magie des obélisques : « L'indignation du public fut attisée par des accusations de satanisme sous la forme d'une idole nommée Baphomet. Le Baphomet était le symbole templier de rites gnostiques fondés sur la vénération phallique et la puissance de la volonté dirigée. Cette silhouette androgyne à la barbe de chèvre et aux sabots fendus est liée à la chèvre de l'une des représentations de Mendès, dieu à cornes de l'Antiquité. »
John L. Robinson écrivit en 1991 dans son livre Dungeon, Fire end Sword : « Certains avouèrent avoir vénéré une idole ayant la forme d'un chat rouge, gris, noir ou tacheté. Parfois, le rituel exigeait d'embrasser le chat sous la queue. D'autres fois, le chat était enduit de la graisse de nourrissons rôtis. Les Templiers furent contraints de manger des aliments contenant les cendres de Templiers décédés, une forme de sorcellerie qui leur transmettait alors le courage des chevaliers morts au combat. »
Ian Wilson déclara dans Le Suaire de Turin, linceul du Christ ? : « Les preuves données par l'Inquisition dénotent plusieurs références à des membres de l'ordre recevant lors de leur initiation une cordelette ayant été en contact avec la tête ".»
Philippe le Bel décrit l'idole comme étant « une tête d'homme portant une grosse barbe, tête qu'ils embrassent et vénèrent ». Durant le procès de 1309, la commission entendit le Templier Jean Taillefer de Gêne, frère servant. Il déclara qu'il fut reçu par l'ordre dans la maison de Mormant, diocèse de Langres, commanderie placée sous la juridiction du grand prieuré de Champagne de Voulaines. Lors de son initiation, « une idole représentant un visage humain » fut posée sur l'autel, devant lui. Hugues de Bure, autre Bourguignon issu d'une maison de Voulaines, décrivit comment la « tête » fut extraite d'un meuble situé dans la chapelle, et qu'elle lui parut faite d'or ou d'argent et représenter la tête d'un homme avec une longue barbe.
Le frère Pierre d'Arbley soupçonnait l'idole d'avoir deux visages, et son parent Guillaume d'Arbley nota que l'idole elle-même, à la différence des copies, était exposée lors des chapitres généraux, suggérant qu'elle n'était montrée aux membres supérieurs de l'ordre que lors d'occasions spéciales.

D'après Peter Partner dans The Murdered Magicians : « ...Ils se livraient dans leur chapitre à l'adoration d'une idole païenne, diversement décrite quant à ses caractéristiques physiques, mais connue sous le nom de Baphomet, qui avait la même étymologie (en vieux français) que Mahomet. À une ou deux occasions, le mot « Mahomet » est utilisé par des témoins au procès. Comme tant d'hérétiques du passé, on dit qu'ils tenaient leurs chapitres dans le secret et durant la nuit. Il était impossible que les Templiers aient rapporté d'Orient la vénération d'une idole portant le nom du prophète Mahomet, car il n'existait là-bas aucune idole de ce genre, même parmi les sectes dissidentes comme les Ismailis ou les Druzes. L'idée que les musulmans étaient idolâtres faisait partie d'un système de dénigrement du monde oriental par les chrétiens occidentaux. »
La répression physique des Templiers commença le vendredi 13 octobre 1307, date qui est à l'origine de la superstition liée au vendredi 13, et qui a surtout porté malheur aux Templiers. De nombreux chevaliers furent arrêtés, torturés et brûlés vifs. Bien que de nombreux efforts aient été déployés pour ne pas ébruiter ces arrestations, certains Templiers furent prévenus et parvinrent à déménager et à cacher certains trésors. Celui qui était entreposé dans le temple de Paris a disparu, de même que la flotte des Templiers. L'Église avait donné l'ordre de tuer les Templiers dans tout le monde chrétien, mais la croisade se déroula sans grand enthousiasme en dehors de la France.
Philippe le Bel avait pour gendre Édouard II d'Angleterre qui ne tenait pas à partir en guerre contre les Templiers, mais il obéit, bien que de mauvaise grâce. L'Angleterre étant alors en guerre contre l'Écosse et ce n'était pas le moment de se disperser en livrant bataille aux Templiers. À cause de la guerre, la décision du pape de dissoudre l'ordre des Templiers ne concerna pas l'Écosse, qui devint la seule terre du monde chrétien où les Templiers eurent encore une existence officielle.

<- Croix templière dite d'Alcudia en Catalogne, Espagne.
Les Templiers allemands conservèrent ces pratiques, se dissimulant au sein d'autres sociétés secrètes comme les Hospitaliers ou les chevaliers teutoniques. La même chose se déroula en Espagne, où les Templiers persécutés portèrent la cape d'autres ordres pour pouvoir poursuivre leurs activités.
Au Portugal, les Templiers ne rejoignirent pas une autre société, mais changèrent simplement de nom pour devenir les chevaliers du Christ. En 1314, le dernier grand maître officiel des Templiers, Jacques de Molay, fut capturé et brûlé vif sur le bûcher. Templier depuis 1265 et grand maître depuis 1298, il avait adhéré à l'hérésie du mouvement des Johannites, qui estiment que le véritable Messie est Jean-Baptiste et non Jésus.

D'après la légende, Molay aurait, sur le bûcher, maudit ses persécuteurs en prophétisant que, avant un an, le pape Clément V et le roi Philippe IV le rejoindraient face au « tribunal de Dieu ». En moins d'un mois, le pape mourut d'une dysenterie. Quant au roi, il périt avant qu'un an ne se soit écoulé, les origines de sa mort étant inconnues.
Selon certaines théories, des Templiers auraient franchi l'Atlantique et débarqué dans le Nouveau Monde presque deux cents ans avant Christophe Colomb. D'après Christopher knight et Robert Lomas dans leur ouvrage La Clé d'Hiram, la flotte des Templiers fit halte au Portugal pour se ravitailler puis mit le cap vers des terres qu'ils appelaient La Merica.

Le 12 août 1308, l'inquisition dressa une liste de charges retenues contre les Templiers :
- dans diverses provinces, ils avaient des idoles, c'est-à-dire des têtes dont quelques-unes avaient trois facés, d'autres une seule, d'autres la forme d'un crâne humain ;
- ils adoraient ces idoles, ou cette idole, spécialement dans leurs grands offices et lors de leurs grandes réunions ;
- ils les vénéraient ;
- comme Dieu ;
- comme leur Sauveur ;
· ils disaient que cette tête pouvait les sauver ;
- les rendre riches ;
-qu'elle donnait à l'ordre toutes ses ri­chesses ;
- qu elle faisait fleurir les arbres ;
-quelle faisait germer ;
- ils entouraient cette tête de cordelettes, les lui faisaient toucher, puis ils ceignaient leurs corps de ces cordelettes ;
- lors de sa réception dans l'ordre, on remettait au frêre des cordelettes de toute longueur ;
- ils agissaient ainsi par vénération pour l'idole ;
- on leur enjoignait sous serment de ne pas révéler ces actes.

En 1308, ils débarquèrent à l'emplacement de l'actuel Westford, dans le Massachusetts. Il existerait certains éléments appuyant cette théorie. À Westford se trouve en effet une sculpture représentant un Templier et un bouclier sur lequel sont dessinés un navire et une étoile. À Newport, Rhode lsland, se dresse une tour si ancienne que sa date exacte de construction demeure inconnue et dont l'architecture suggère qu'elle pourrait avoir été érigée par les Templiers. Autre signe que les Templiers se seraient rendus dans le Nouveau Monde et en sont revenus la chapelle de Rosslyn, terminée en 1486. Sur son plafond sont gravés des cactus et du maïs, plantes endémiques de l'Amérique du Nord et, théoriquement, inconnues en Europe à l'époque.
Les ordres du pape visant à éliminer les Templiers ne furent pas suivis par tout le monde. En Angleterre, les Templiers capturés furent punis de peines légères et relâchés. Certains se rendirent au Portugal où le mouvement a changé de nom et c'est en tant que chevaliers du Christ qu'ils sillonnérent les mers. On pense que Christophe Colomb épousa la fille de l'un de ces chevaliers et eut accès aux cartes de son beau-père. D'autres chevaliers se rendirent en Ecosse où ils fusionnèrent avec les Hospitaliers.
Existe-t-il des preuves tangibles, au-delà des documents déjà cités, que les Templiers ont vraiment existé ? Oui. En 1894, un groupe d'ingénieurs britanniques travaillant sous le mont Moriah, découvrit en effet dans des passages secrets des objets caractéristiques tels qu'une croix, un morceau d'épée et une lance. Ces preuves potentielles sont aujourd'hui exposées daps des musées d'Ecosse. De nos jours, au moins trois sociétés secrètes utilisent le nom des Templiers et revendiquent une histoire remontant au Moyen Âge. De plus, plusieurs loges maçonniques comptent parmi leurs grades celui de Templier.

 Michel BENSON : Ecrivain - Les Mondes de l'Etrange

Via: rusty james

http://rustyjames.canalblog.com/archives/2014/11/25/31024235.html